Georges Cottier, une intelligence au service de la foi

  • Fr. Guy

Œuvre, correspondance et héritage du cardinal genevois

Le Père Georges Cottier. Son œuvre. Sa correspondance avec Jacques Maritain. Revue « Nova et Vetera », janvier-juin 2026, 168 pages.

Note brève sur l’histoire de « Nova et Vetera » :
Fondateur et premier directeur : Charles Journet, 1926.
Deuxième directeur (1975-2016) : Frère Marie-Martin Cottier.
Directeur actuel : Frère Charles Morerod.
Secrétaire de rédaction : frère Gilles Emery.
Comité de rédaction : parmi ses membres actuels, je ne mentionne que le professeur de philosophie François-Xavier Putallaz et le dominicain historien Augustin Laffay.

Les lecteurs et lectrices de mon blog n’ont guère besoin qu’on leur présente la revue « Nova et Vetera ». Elle fut fondée en 1926 par l’Abbé Charles Journet. Il en fut le directeur jusqu’à sa promotion cardinalice, puis remplacé par le frère dominicain Georges Marie-Martin Cottier, théologien et philosophe qui affina cette double vocation au contact de Charles Journet. Il le fréquentait alors qu’il était encore étudiant à l’Université de Genève.

Jacques Maritain et son épouse Raïssa furent les amis intimes de ces deux hommes d’Église, tout en partageant le même regard sur l’univers social et culturel de leur époque.

La revue, centenaire, veut encourager la communication entre ces personnes remarquables et l’étendre aussi aux hommes et aux femmes de sensibilités religieuses différentes. D’où les nombreux et fréquents échanges épistolaires entre ces personnalités marquantes.

Ce numéro a choisi de nous présenter la correspondance, une cinquantaine de pages du volume, échangée par le Père Cottier (1922-2016) et le couple Maritain. Une correspondance qui s’étend de 1947 à 1969.

Pour ce faire, la rédaction a fait appel à des connaissances du cardinal Cottier. La plupart sont dominicains ou proches de l’Ordre des Prêcheurs. Ce sont eux qui mettent ce courrier en lumière et en situation.

La table des matières nous donne un avant-goût du contenu du livre et nous encourage à le lire intégralement.

C’est notre frère Charles Morerod, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, qui rédige le premier chapitre en réfléchissant sur l’interaction de la philosophie et de la théologie dans l’œuvre et la personne du cardinal genevois. Ne l’oublions pas, le Père Cottier est natif de Genève, de Carouge plus précisément, et consacra une bonne partie de ses recherches au marxisme, encore florissant en ville de Genève au temps de ses jeunes années.

J’ai découvert le Père Cottier comme prieur de notre communauté dominicaine genevoise et j’ai admiré chez lui sa largeur d’esprit, respectueuse de la Vérité, mais accompagnée d’un beau et bon sourire, comme en témoignent les documents photographiques qui illustrent ce numéro de « Nova et Vetera ».

C’est le frère dominicain Gilles Emery qui fut pendant de longues années professeur de théologie dogmatique à l’Université de Fribourg qui rédige le deuxième chapitre : « Intellectus et ratio ». Un thème à résonance thomiste.

Suit un repère chronologique du cardinal Cottier rédigé par notre frère historien Augustin Laffay.

Puis la correspondance Cottier-Maritain (1947-1969) introduite par les historiens Philippe Chenaux et Augustin Laffay.

Puis encore un texte philosophique à résonance poétique de F.-Xavier Putallaz : « Entendre le bruissement des sources et des germinations secrètes dans notre histoire ». Ce titre définit-il la personnalité du Père Cottier ? Aux lecteurs de le dire.

Enfin, un monument littéraire très précieux et important, sans doute inédit : « La bibliographie du Père Cottier ». Un travail impressionnant qui couvre plusieurs pages et fut édité par le dominicain Marie-Philippe Roussel et le professeur F.-X. Putallaz.

Faut-il retenir en conclusion de cette brève présentation de ce numéro spécial consacré au Père Cottier cette réflexion de Mgr Charles Morerod ? « Le Père Cottier fut théologien et philosophe. Il a tenu à mettre au clair la relation entre ces deux sciences (…) La question de l’athéisme revient tout au long de sa vie et il en relate le côté à la fois tragique et impossible. L’athéisme ne peut exister que dans un être religieux ». Ce qui amène le Père Cottier à reconnaître et demander pardon pour les fautes de l’Église au cours de son histoire.

J’espère que les lecteurs et lectrices ne se laisseront pas désarmer par le style austère des réflexions de ce numéro. Si c’était le cas, qu’ils se laissent convaincre par la bonté et la bonhomie du cardinal Cottier. C’est mon secret espoir.

Cette image a été créée avec l'aide de DALL·E