La Bible comme force de déplacement
- Fr. Guy
Stéphane Encel, La Bible, manuel de subversion, Éditions du Cerf, 2026, 174 pages
Je ne me serais pas procuré cet ouvrage si j’avais pu connaître sa publicité excessivement vantarde exposée en quatrième page de couverture : « un ouvrage incontournable, lumineux et indispensable ». Je me suis laissé séduire par son éditeur habituellement sérieux et plus encore par son titre : « La Bible, manuel de subversion ». À condition de ne pas faire de ce titre une lecture littérale. L’auteur, que je ne connais pas, est historien des religions. Une génération de chercheurs très prolifique à notre époque, même aux Éditions du Cerf.
Pour être plus précis, Stéphane Encel veut recourir aux récits d’anciennes sagesses pour que nous puissions trouver une solution aux souffrances de notre temps et retrouver la joie de vivre. Terreaux vivants d’une incomparable richesse, les Écritures nous permettent de mieux penser notre monde en vue de mieux le traverser.
J’ai une remarque à faire toutefois. Pourquoi les références de l’auteur aux anciennes sagesses ne concernent-elles que la Bible juive ? Le Nouveau Testament ne serait-il pas tout autant subversif ? C’est mon avis, quand je découvre certaines paroles de Jésus et surtout ses actes. Je fais mienne une phrase de l’auteur. Tout est dans la Bible, y compris dans le Nouveau Testament. Elle nous fait découvrir, en se confrontant aux questions les plus universelles, la force des réponses éternelles.
Plusieurs de mes présentations d’auteurs relèvent l’importance de la référence actuelle à des événements du passé. Il y a le « corps donné pour nous et le sang versé pour la multitude ». Le sacrifice de la « Croix », offert une fois pour toutes, nous sauve aujourd’hui.
Mais il y a des références moins importantes comme les souvenirs d’un passé révolu, qui peuvent agir de nos jours comme un médicament-remède. Mes lecteurs peuvent se référer à mes recensions. Ce ne sont pas tous des écrits de sagesse, mais des souvenirs familiaux ignorés des descendants.
Je me limiterai ici à un seul exemple, exploité par l’auteur de ce livre : « le fondement de l’égalité homme-femme ou la double création ».
La femme est le produit d’un os surnuméraire de l’homme… Comment évoquer une quelconque égalité des sexes avec cette typologie biblique originelle ? Ève est inféodée ontologiquement à son maître. L’Occident s’est longtemps fondé sur ce texte pour justifier l’inégalité des sexes ; les progressistes pour dénoncer la Bible comme misogyne et fondatrice du patriarcat. Pour repenser et refonder nos sociétés sur quelques bases plus saines, il est impératif de reprendre les fondamentaux et de les retravailler.