Le « Oui » de Marie, source de notre espérance
Belle Fête de l’Annonciation du Seigneur !
En relisant l’Évangile de ce jour, selon saint Luc 1, 26-38, je me laisse interpeller par cette Parole : Marie dit à l’ange : « comment cela va-t-il se faire ? » et l’ange lui répond : « l’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre »…
Marie dit : « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole. » Et l’ange s’en alla d’auprès d’elle.
Il y a dans l’engagement à la suite de saint Dominique, une réplique toute pareille. L’engagement, c’est d’être la joie des autres et c’est là que résonne l’espérance, car l’espérance n’est pas d’attendre le bonheur, mais elle appelle à délivrer l’amour afin qu’il puisse respirer à travers nous.
L’Annonciation résonne donc comme la manifestation d’un engagement dans une vie toute tournée vers l’autre. Avec Marie et Jésus, le don devient simplement lumière sur notre chemin, tout tracé à la suite de saint Dominique. C’est heureusement un événement qui ne cesse de nous éclairer.
Le « OUI » de Marie à l’Annonciation nous appelle simplement. Le « OUI » de Marie nous concerne tous, c’est chacune, chacun de nous qui, en disant « oui », nous invite à faire confiance à cet appel qui sourd au cœur de notre vie en lui donnant son plein accomplissement.
En ce jour de prière tournée vers Marie, nous sommes invités à découvrir, voire redécouvrir ce qui avait été perdu au Paradis, cette image de l’Homme, que le Créateur – que nous appelons Père – avait façonné de ses mains à sa ressemblance (Genèse 1, 27).
Toute l’Histoire de notre vie – notre vie dominicaine – se relit dans le chapelet – accroché à la ceinture – qui résume l’ensemble des mystères du rosaire et les journées traditionnelles consacrées à leur méditation.
La vie dominicaine consiste à conduire chacune, chacun à la découverte de cette aventure incroyable qui est la nôtre, d’être chargés du destin de Dieu.
La pauvreté évangélique, c’est la pauvreté de Dieu. Et si Dieu nous demande d’entrer dans cette pauvreté, c’est parce que c’est la seule grandeur authentique. Il n’y a de grandeur que dans l’amour, dans le don de soi ! Alors aimer, c’est justement se vider de soi, être pauvre de soi, faire de soi un espace où l’on puisse respirer la Vie de Jésus. Certes, cette pauvreté n’est pas vide parce qu’elle est en Dieu qui prend sa source à la Croix de l’Amour infini.
Alors, si Dieu nous appelle à ce bonheur qui est joie du don total, c’est justement parce qu’il veut redessiner notre grandeur et qu’Il y met le comble en nous confiant à la tendresse de Marie, Mère de Dieu…
Alors le mystère de l’Incarnation devient admirable, il révèle un amour éternellement communiqué, un amour éternellement vidé de soi, un amour en état d’absolue pauvreté, comme disait Maurice Zundel : Dieu est déjà là, Il n’a pas à venir, Dieu est au-dedans de nous. Il est en tout être.
Je n’ai pas besoin de vous dire que tout le mystère de la Vie est là : l’Annonciation nous rappelle que notre abandon (…) est déjà porté par Marie, c’est pourquoi Marie ne cesse de répéter que la prière nous relie, en ce jour de Fête et chaque jour, et s’accomplit dans l’abandon à son OUI.
Cécilia Meyer-Gavillet, op
Responsable régionale des Fraternités laïques dominicaines de Suisse romande
Fêtre de l’Annonciation, 25 mars 2026