Perles bibliques
- Fr. Guy
Le frère dominicain Luc Devillers ne nous est pas inconnu. Il enseigna la Bible à Fribourg, mais aussi à Bordeaux, à Jérusalem et dans le diocèse de Gap. Il en connaît les richesses et les ressources.
Il nous propose dans ce livre douze itinéraires pour chercher et trouver des perles bibliques, précieuses et indispensables à notre propre itinéraire spirituel. Sac au dos, suivons-le dans son exploration.
Notre frère est aussi un spécialiste de la littérature johannique et de l’Évangile de Luc. Raison de plus pour le suivre avec confiance.
L’auteur comprend son livre comme une retraite biblique pour un large public, pas forcément spécialisé en science exégétique. Notre frère conseille même à son lecteur de choisir la perle qui lui est la plus précieuse. Vulgairement dit, il l’invite à piocher dans la mine biblique ce qui l’attire le plus.
D’où mes choix dans la présentation de ce livre. Elle n’est pas un résumé exhaustif de l’œuvre, mais une simple recension destinée aux lecteurs et lectrices éventuels de mon blog.
Porter du fruit
Première perle. Nous suivons notre auteur sur cet itinéraire. Nous avons de la chance. Luc Devillers est un fin connaisseur des deux Testaments. Relisant les premiers chapitres de la Genèse, il en déduit que Dieu ne bénit pas une humanité en croissance numérique, mais une humanité productive d’un fruit spirituel.
L’homme ne sera pas sauvé sans son accord et sa collaboration. Porter du fruit, accomplir de belles œuvres pour le Seigneur, grandir en sainteté, telle est notre vocation.
As de cœur et as de pique
Le passage en Suisse de notre auteur lui a fait connaître peut-être l’un de nos jeux nationaux favoris : le yass. L’as de cœur et l’as de pique en sont les cartes maîtresses.
Pour Devillers, Cléophas est sans aucun doute l’as de cœur. Notre auteur, fidèle à une ancienne tradition iconographique, le fait accompagner par une femme sur le chemin qui le ramène à son village d’Emmaüs. L’important est que les deux marcheurs forment un couple, victime d’une cruelle déception au sujet du Messie.
Comme le couple de la Genèse, l’homme et la femme, en route vers leur village, se trouvent nus, sans protection, au comble de la désespérance. Celui auquel ils croyaient n’était qu’un misérable faussaire.
Dans la Genèse, les yeux du premier couple s’ouvrent face à leur misère, conséquence de leur désobéissance. Mais à Emmaüs les yeux du compagnon et de la compagne s’ouvrent au moment de la fraction du pain. Leurs cœurs s’ouvrent à la joie déjà perçue sur le chemin quand un troisième marcheur anonyme leur expliquait ce qui le concernait dans les Écritures.
Quelle différence de destin relevée par les deux écritures dont la littéralité est si proche !
Cléophas, l’as de cœur, n’apparaît que dans l’Évangile de Luc, tandis que Thomas, l’as de pique, est cité plusieurs fois dans l’Évangile de Jean.
Il n’est pas le patron de ceux qui doutent de tout, mais un personnage ambivalent. À la fois membre du collège des Douze, qui ont vu le Ressuscité au soir de Pâques et le dimanche suivant, mais encore Thomas représente les innombrables disciples – et j’en suis un – qui confessent la divinité et la seigneurie de Jésus sans l’avoir vu ressuscité. Ils seront vraiment heureux.
Leur certitude repose sur le témoignage des Douze confirmé par les Écritures. En ce sens, Thomas est comme la Madeleine du jardin de Pâques. Elle n’a pas besoin de toucher le corps de Jésus pour l’identifier. Il suffit qu’elle entende sa voix qui l’appelle par son nom.
Pas plus que Thomas n’a besoin de toucher les plaies de Jésus pour croire en sa résurrection. Pas plus que moi et tant d’autres disciples qui l’entendent dans leur cœur.
Je mets un terme à cette brève recension du livre du frère Devillers. Je n’ai suivi que deux itinéraires sur les douze qu’il proposait. Ils m’ont permis de découvrir deux perles qui font mon bonheur.
Je vous souhaite la même heureuse surprise. Et mieux encore !