Saint François d’Assise

  • Fr. Guy

Le troubadour amoureux de Dieu et de sa création

Gilbert Keith Chesterton, Saint François d’Assise, Éditions Ephata, 2026, 197 pages.

Je lisais Chesterton quand j’étais jeune novice dominicain. Écrivain anglais du début du siècle dernier converti au catholicisme. Quelle bonne idée d’avoir réédité son « Saint François d’Assise » l’année du huitième centenaire de la mort du Poverello.

Les Dominicains le considèrent comme le second fondateur de leur Ordre. Ils lui donnent le nom de Père, comme ils appellent Père saint Dominique, qui fut le premier Frère Prêcheur.

Chesterton écrit : « Saint François fut un poète dont la vie entière fut un poème. Voilà le cœur de ce livre ».

Quelques courts chapitres nous introduisent à la vie de ce saint étonnant, si lointain et si proche de nous par ses propos et ses gestes qui ne cessent de nous questionner.

Pour l’auteur, François est inclassable. La science historique, pas plus que l’hagiographie, ne rend compte de sa vie réelle. Chesterton préfère dire que François fut un troubadour, mieux, un troubadour amoureux. Amoureux de Dieu et de sa création. Et il le démontre par ses comportements et ses paroles qui nous paraissent parfois bizarres et contradictoires. Seuls les poètes devenus des saints peuvent le comprendre.

Ce livre, qui n’est pas un récit ou une biographie, n’est pas si facile à lire. À plusieurs reprises, l’auteur avoue avoir rencontré François sur son chemin. Même si vous n’avez pas une âme franciscaine, je vous encourage à le lire. Il suffit d’être un peu fou comme François et comme ce Dieu qui nous aime à la folie.

Le Caravage, Saint François d’Assise en extase, vers 1594-1595, huile sur toile. Wadsworth Atheneum Museum of Art, Hartford (Connecticut, États-Unis). Œuvre appartenant au domaine public. Source : Wikimedia Commons.